Géographie de Saint Pierre & Miquelon

L'archipel est constitué de huit îles et îlots aux côtes rocheuses et découpées, situés par 47° de latitude nord et 56° de longitude ouest : les deux îles principales sont l'île Saint-Pierre (26 km²), qui concentre la majeure partie de la population du territoire, et Miquelon (216 km², 710 habitants), constituée elle-même de la réunion de Miquelon, de Langlade et du Cap, ces trois îles étant reliées entre elles par un isthme sableux («la Dune»). L'île aux Marins (anciennement île aux Chiens) et quelques îlots adjacents, quasi déserts, n'ont que quelques kilomètres carrés de superficie.

L'archipel, situé à la même latitude que l'île de Noirmoutier (Vendée), est placé sous l'influence du courant froid du Labrador, qui lui donne un climat humide, froid et venteux; le capitaine Cook qui, en 1763, avait dressé la carte de ces parages de Terre-Neuve, en était revenu en disant que ces îles ne connaissent que trois saisons : juillet, août et l'hiver. La végétation y est rare (conifères, bouleaux, tourbières).

La pêche à la morue constituait jadis la principale ressource économique de l'archipel. Aujourd'hui, l'aide de la métropole est indispensable, et les Saint-Pierrais et les Miquelonais émigrent. Le tourisme (27.800 visiteurs en 1994) attire Canadiens et Américains.

Histoire de Saint Pierre & Miquelon

Officiellement découvertes le 21 octobre 1520 par le navigateur portugais João Alvarez Fagundes, qui les baptisa «îles des Onze Mille Vierges» en l'honneur de sainte Ursule et de ses compagnes, les deux îles avaient sans doute été aperçues dès 1497 -1498 par Giovanni Caboto; elles étaient fréquentées depuis la fin du XV éme siècle par des pêcheurs bretons et basques, qui en conservaient cependant l'existence secrète pour ne pas révéler leurs zones de pêche. Elles firent en 1536 l'objet d'une prise de possession au nom du roi de France par Jacques Cartier, mais elles ne reçurent leur premier établissement permanent qu'en 1604 et, en 1670 encore, Jean Talon, le premier intendant de la Nouvelle-France, n'y dénombrait que «treize pêcheurs, tous français, et quatre habitants sédentaires, dont un Anglais parlant français». L'archipel fut par la suite âprement disputé entre l'Angleterre et la France; cette dernière, après avoir dû le céder en 1713 à la suite du traité d'Utrecht, le récupéra par le traité de Paris en 1763, mais n'en obtint la possession définitive qu'en 1815 par le second traité de Paris. La souveraineté française sur ces îles, peuplées de pêcheurs émigrés de France et de réfugiés acadiens, ne fut dès lors plus remise en cause.

Dès la Restauration, plusieurs dizaines de voiliers de grande pêche venaient chaque saison mouiller à Saint-Pierre; dans les années 1880, ils étaient plusieurs centaines et Saint-Pierre était devenue le centre d'une activité intense, liée à la préparation (séchage, salage) et à l'exportation de la morue. À partir de 1904, s'amorça un rapide déclin qui provoqua en quelques années l'émigration de près de 30% de la population (6.482 habitants en 1902; moins de 4.000 en 1920) : la France ayant perdu ses droits de pêche à Terre-Neuve, les terre-neuvas se rabattirent sur Saint-Pierre, dont les activités se trouvèrent entièrement marginalisées par l'apparition des chalutiers à vapeur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pierre, jusque - là restée fidèle au régime de Vichy, se rallia à la France libre après le débarquement de l'amiral Muselier (24 décembre 1941) qui nomma comme gouverneur Alain Savary (alors lieutenant de vaisseau âgé de 25 ans). Colonie, puis Territoire (1946), puis département français d'outre-mer (1976), les îles devinrent en 1985 une collectivité territoriale à statut spécial.

En 1982, au terme d'une longue procédure engagée six ans plus tôt, fut conclue la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée par 159 pays. L'extension de la zone économique à 200 milles marins posa un délicat problème de délimitation entre les zones canadienne et française, la zone de Saint-Pierre-et-Miquelon se trouvant enclavée dans la zone de souveraineté canadienne. Un jugement rendu par le tribunal arbitral de New York attribua à la France une zone de 24 milles autour de l'archipel et, au sud, un couloir de 200 milles sur 10. La zone ainsi délimitée, qui ne dispose pas de ressources halieutiques, pourrait éventuellement devenir l'objet de prospections pétrolières. Cette décision ne satisfaisant ni la partie canadienne ni la française, un accord de coopération a été négocié entre Paris et Ottawa en 1994.

Dans ses deux romans, Larmes de Pierre et l'Œuvre des mers (1988 -1996), le Saint-Pierrais Eugène Nicole a raconté la saga de l'archipel.

Dom Tom  
Bibliographie DomtomForum
Bibliographie | DomTomForum
Dom Tom
  Vous souhaitez ajouter des informations sur Saint-Pierre et Miquelon, cliquer ici
Dom Tom
Guadeloupe| Martinique| Guyane| St-Pierre & Miquelon| Mayotte| Nouvelle Calédonie| Polynésie Française| Réunion| Wallis & Futuna| St Barth & St Martin|
Concept, Design, Copyright 2009 @ CaribbeanConsult.Com Informatique Guadeloupe Martinique Antilles Dom Tom
Dernière mise à jour le