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Géographie de la Guadeloupe La Grande Terre est formée d'un plateau calcaire, faiblement vallonné, avec quelques collines. Au nord et à l' est, des plaines débouchent sur des falaises qui plongent dans l'Atlantique; au sud et à l' ouest, la plaine argileuse des Abymes débouche sur la Basse-Terre par une zone marécageuse recouverte d'une végétation tropicale (mangrove). Le littoral méridional est bordé de plages de sable fin protégées par des récifs coralliens. La ville principale est Pointe-à-Pitre, véritable centre économique de la Guadeloupe. Basse-Terre, à l' ouest, est une île très montagneuse, culminant à la Soufrière (1.467 m), volcan encore actif. Les précipitations, abondantes ont favorisé le développement d'une forêt tropicale dense, avec des essences rares et des fougères arborescentes. L'île, où surgissent de nombreuses sources d'eau chaude et sulfureuse, est parcourue par de nombreux cours d'eau, dont le plus important (32 km) est la Grande Rivière, à Goyave. Le climat de l'archipel, tropical, est plus humide sur les reliefs au vent. De violents cyclones atteignent fréquemment la Guadeloupe. En 1979, le cyclone David a occasionné de très graves dégâts aux cultures et aux infrastructures routières et portuaires. Les 16 et 17 septembre 1989, c'est Hugo qui, à son tour, dévasta l'île : en quelques heures, ce cyclone détruisit quelque trente mille logements, ravagea les cultures et finit par poser de façon aiguë la question des orientations économiques de l'île.
À l'est et au sud-est de Basse-Terre et de Grande-Terre, se trouvent
La Désirade (27 km²), Marie-Galante
(158 km²), les petits archipels des Saintes (13 km²) et de Petite-Terre. À quelque 250 km au nord-ouest, bien au-delà de Montserrat, se
trouvent Saint-Barthélemy (25 km²) et
Saint-Martin, partagée avec les Pays-Bas, et dont la France possède la partie nord (51 km²). Population de la Guadeloupe La population se répartit en 77% de mulâtres (métis né d'un Blanc et d'une Noire ou d'une Noire et d'un Blanc), 10% de Noirs (descendants des esclaves africains), 10% de métis (Blancs et Asiatiques), 2% de Blancs (parmi lesquels les «Békés», héritiers de l'aristocratie coloniale; les «Blancs Créoles», nés aux Antilles, généralement fils de fonctionnaire ou de commerçant métropolitain; les «Métros» ou «Blancs-France», nés en métropole; les «Blancs-Matignons», descendants des petits colons vivant dans les Grands Fonds, collines reculées de la Guadeloupe); autres : 1%. Le catholicisme est majoritaire (86%).
Le rythme d'augmentation de la population en Guadeloupe se ralentit. Entre 1990 et 1999, le nombre d'habitants est passé de 387.000 à 422.500, soit une progression annuelle (1,5%) plus faible que celle des années 1980 (2%). Le taux de fécondité
a également diminué (16,7 pour mille) mais reste élevé en comparaison de celui de la métropole (12,5 pour mille). Par ailleurs, en
raison des difficultés économiques qu'elle traverse, la Guadeloupe connaît une forte émigration vers la métropole : entre 1990 et 1999,
le solde migratoire est de - 8.500 personnes. Économie de la Guadeloupe Un chômage qui atteint près de 27% de la population active en 1996 (52.000 demandeurs d'emploi), un taux de couverture des importations par les exportations qui s'élève seulement à 6% (1996): ces deux chiffres traduisent bien à eux seuls les difficultés que connaît la Guadeloupe. Depuis la fin des années 1970, l'agriculture, autrefois moteur de la croissance, est en crise. Elle ne représente plus que 6% du PIB contre 22% en 1966. L' industrie sucrière, en particulier, ne survit que grâce à des subventions versées par l'État et les Assemblées locales. La production de canne, qui s'élevait à plus de 1,5 million de tonnes dans les années 1970, est revenue à 600.000 tonnes en 1996. Quelque 45% des terres cultivées sont encore consacrés à sa culture. Les autres cultures sont les cultures tropicales traditionnelles : banane (qui représente près de 25% des exportations en valeur, mais les bananeraies sont souvent dévastées par les cyclones), melons, aubergines, ananas, café, cacao, vanille, associées à l'élevage et à la pêche (10.000 tonnes par an) et les fleurs. Les tentatives de diversification (comme le melon) n'ont pu atténuer le déficit alimentaire de l'île : les cultures vivrières sont largement insuffisantes. Peu nombreuses, les industries, en dehors des cimenteries, appartiennent surtout au secteur agroalimentaire : sucreries (58.000 tonnes en 1997), rhumeries (22.214 hectolitres d'alcool pur en 1996 et 33.559 de rhum industriel préparé à partir de mélasse; 11.710 hectolitres de rhum léger), conserveries, jus de fruits. Mais, le secteur industriel n'a pas réussi à prendre le relais de l'agriculture d'exportation (sucre et banane) pour relancer l'économie, en dépit des incitations fiscales (impôt sur le bénéfice moins élevé qu'en métropole). De fait, le poids de ce secteur reste limité : 9% du PIB (15% si l'on inclut les bâtiments et les travaux publics). Seul le tourisme (plus de 625.000 visiteurs en 1996 contre 280.000 dix ans plus tôt), connaît un certain dynamisme. Après une période difficile, suite aux retombées médiatiques négatives dues à l'activisme des mouvements indépendantistes jusqu'au milieu des années 1980, ce secteur a connu un regain d'activité. Les dégâts provoqués par le cyclone Hugo (1989), les ouragans Luis et Marilyn (1995) n'ont pas entravé le développement de cette activité en raison de l'intervention très rapide des pouvoirs publics. 80% des 2.384 km de routes sont asphaltés. L'aéroport de Pointe-à-Pitre (Le Raizet et Guadeloupe-Pôle Caraïbes) connaît un trafic important.
Histoire de la Guadeloupe
En 1635, mandatés par la Compagnie des Îles de l'Amérique, deux Français d'origine normande, Liénard
de l'Olive et Jean Duplessis d'Ossonville, s'installèrent dans l'île avec quelques centaines de colons qui y introduisirent la
culture de la canne à sucre (1644). Les débuts de la colonisation, à Sainte-Rose et dans la région de Vieux-Fort en Basse-Terre,
furent difficiles. Divisés par des querelles internes, affaiblis par la famine et la fièvre jaune (1637), les colons menèrent une
guerre d'extermination contre les indigènes, afin de s'emparer de leurs terres; vingt ans après l'arrivée de ces premiers colons,
il ne subsiste plus aucun Amérindien en Basse-Terre. En 1644, Français et Hollandais se partagent l'île de
Saint Martin, vers 1650,
les Français s'implantent à Marie-Galante, aux Saintes et à
la Désirade. En 1660, un traité de paix signé entre la France et l'Angleterre attribuait à cette dernière la Dominique et Saint-Vincent. La Guadeloupe était administrée par un gouverneur qui releva, à partir de 1669, du gouverneur de Fort de France (Martinique). Occupée en 1759 par les Britanniques pendant la guerre de Sept Ans (1759 - 1763), la Guadeloupe fut rendue à la France par le traité de Paris (1763), avec la Martinique, dont elle fut détachée administrativement. Après l'abolition de l'esclavage par la Convention (décret du 16 Pluviôse an II, 4 février 1794), les Britanniques, profitant du désordre causé par une révolte d'esclaves et du ralliement de certains planteurs qui refusaient la République, occupèrent à nouveau l'île (avril 1794). Le Conventionnel Victor Hugues, qui avait été nommé commissaire civil par le Comité de Salut public et doté des pleins pouvoirs, arriva en Guadeloupe en juin, à la tête d' une flotte et de 1.150 hommes. Il promulgua le décret du 16 Pluviôse, chassa les Anglais hors de l'île (décembre 1794) et établit le régime de la Terreur (1794 - 1798).
Le Consulat rétablit l'esclavage et écrasa les protestataires (1802). La Grande-Bretagne, qui occupa
l'île à la fin de l'Empire, la restitua à la France en 1816. La Révolution de 1848 abolit définitivement l'esclavage (27 avril
1848), ce qui ruina momentanément la production de sucre. Des troubles éclatèrent dès 1850 (puis de nouveau en 1895, en 1899, en
1924, et encore en 1967). Faute de main d'œuvre africaine, les planteurs firent appel, dès 1854, à des Indiens (en provenance des
Indes). En trente ans, ils furent 42.000 à venir travailler sur l'île. 20.000 d'entre eux moururent à la tâche, 8.000 retournèrent
aux Indes. À la fin du XIX éme siècle, Chinois, Libanais et Syriens, majoritairement commerçants, vinrent compléter cette mosaïque
de population. Sous la III éme République, la Guadeloupe et la Martinique se virent attribuer une représentation à l'Assemblée
nationale, et, en 1876, la France acheta Saint-Barthélemy à la Suède, qui possédait cette île depuis 1784.
Culture de la Guadeloupe Le cinéma guadeloupéen est illustré par la réalisatrice Sarah Maldoror qui, depuis son premier court métrage (Monangambee, 1970), tourné en Algérie, a essentiellement réalisé ses films en Afrique (Sambiganza, 1972). |
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